2005-05 : Der Kaiser der Narren by Les Acteurs de l'ombre webzine

1. Salut Jeff, peux tu présenter à nos lecteurs le groupe, ainsi que la signification du nom du groupe ?
Der Kaiser der Narren est né en juin 2002. Après plusieurs changement de line-up, le groupe trouve enfin sa propre identité début 2004. Mais le mois dernier Guillaume décide de nous quitter. Le groupe est donc actuellement composé de Joe (guitare / chœurs), Gaby (basse) et moi-même (chant). Nous cherchons un nouveau batteur. Der Kaiser der Narren signifie « l’empereur des fous » et l’ensemble des paroles forme un concept autour d’un personnage devant petit à petit cet empereur. Dans mes textes on peut toujours trouver une analogie avec le monde actuel : critique des médias de masses (lavage de cerveau), critique du schéma argent + bonne situation professionnelle + famille = bonheur,…En concert, je prend toujours le temps de parler des textes entre les morceaux car ils me tiennent vraiment à cœur et j’espère qu’ils pousseront certaines personnes à la réflexion.

2. Comment c’est déroulé l’enregistrement de cet EP ?
Ce fût pour nous tous notre première expérience en studio. Nous avons enregistrés les 4 titres sur 2 jours au studio XVI bis de Yann (Mypollux, ex-mad in h,…) à Hussigny (54). C’était intéressant de découvrir et de travailler en studio car c’est une autre approche de nos morceaux. Nous nous sommes bien éclatés en tout cas et nous sommes bien content du résultat. Je recommande ce petit home-studio pour son rapport qualité/prix imbattable.

3. Quels sont vos principales influences (six feet under à mon avis, notamment au niveau des vocaux) ?
Détrompe-toi. Si beaucoup de monde nous associe à Six Feet Under (il est vrai que j’en écoute quand même pas mal) ce n’est pas la principale influence du groupe et nous n’essayons pas de jouer du SFU. Chaque membre a ses influences et c’est pour ça qu’au final notre musique contient des riffs death comme des riffs thrash ou heavy. Aujourd’hui la musique du groupe tend vers un bon vieux deicide ou vomitory en gardant toujours une touche heavy/thrash.

4. Cet EP tourne autour du concept de la folie, quels sont les motivations d’un tel choix ?
La folie de mon quotidien m’inspire beaucoup. Les médias racoleurs qui tentent de dicter quelle musique écouter, quel choix de vie adopter, les gens qui pensent qu’avoir une bonne situation professionnelle ou acheter une maison est synonyme de bonheur ultime, voilà mon inspiration. Toute la critique de ces moeurs est ensuite ancrée dans le concept de l’empereur qui est là pour dire au gens « écoutez ça, osez la réflexion ».

5. Certains titre sont en français, est-ce pour mieux véhiculer ce concept ?
En effet, le français me permet de poser plus facilement mes idées, de les exprimer du mieux possible et d’être plus facilement compris (je pense).

6. Vous avez fait pas mal de concerts dans votre région, est-ce que vous galerez comme beaucoup de petits groupes pour trouver des dates en dehors des petites salles/bar, quel est ton avis sur le peu de nombres de petits concerts métal, et un public ayant parfois du mal à bouger ?
En dehors des concerts dans les bars, il est difficile de trouver des dates. Il y a énormément de concerts locaux (« petit concert métal ») dans notre région (Lorraine), mais c’est à 95% dans des bars. Les salles sont gérées par des assos qui n’organisent pas ou peu de métal (sauf quelques exceptions) et je pense qu’elles n’osent pas trop se mouiller. En effet, le public bouge de moins en moins pour les concerts locaux. Je me rappelle avoir joué avec Fornication (brutal death /Brésil) qui sortait son second album, et il y avait 30 personnes en plus des groupes ! Le métal est (ou devient) un produit (comme les autres styles de musique). Les gens payent 40 euros pour aller voir un concert dont les zikos sont à 15m de la fosse et manipule le public comme un client potentiel. Le métal a toujours eu sa dose de groupes amateurs. Je pense que tous ces amateurs font vivre le métal tout autant que les groupes « pro » et il est important de les soutenir et de voir ce qui se passe dans la région. Les concerts ne coûtent que quelques euros, les cd ou démo sont vraiment abordables et les zikos sont toujours dispo pour discuter, échanger,…Des fois je me demande même s’il n’est pas plus enrichissant de parler avec des zikos amateurs plutôt que d’aller voir un groupe « pro » dont les zikos ne te parleront jamais et sont starisés.

7. Quels sont vos projets après la sortie de cet EP ?
Nous cherchons un batteur (rires). Sinon dans l’immédiat nous participerons à la compil « underground series volume 1 » du label nancéen Meat 5000 Rcds et au sampler promo du zine Nawakposse qui sera pressé à 2000 exemplaires et distirbués notamment au furyfest, festival de Douvres,…Lorsqu’un batteur pointera le bout de son nez on essayera d’enregistrer un album complet et bien sûr de continuer les concerts en essayant de tourner dans d'autres régions.

8. Je te laisse le mot de la fin !
Merci pour cet interview, merci à tous les activistes dans le métal amateur, il en faudrait toujours plus. Bougez-vous aux concerts locaux, acheter des démos, écoutez ce qui se passe près de chez vous, boycotter les distributeurs qui utilisent le métal pour faire leur marge et osez remettre en question votre quotidien.