My Secret Story


Sentiments Bruts
Je ne sais toujours pas pourquoi je partage ce texte et à la limite je ne veux pas le savoir. Je ne le ferais pas lire à la personne dont je parle le plus en ces pages…en tout cas pour le moment.

Before they lay their hands on you
And make you just like the rest
I've got to get to you first
It's just a question of time

But when I'm asleep
I want somebody
Who will put their arms around me

If you're looking for a reason
I've a reason to give
Pleasure, little treasure

I am warmed by your friendship
Even when you're far away
And I'm happy in the knowledge
We may never see the day

I treasure the way we used to laugh and play
And look in each others eye

I am you and you are me

A lire en écoutant le Live 101 de Depeche Mode…

Lundi 6 août 2007, 1h10
Je ne pensais pas écrire à nouveau, et si rapidement, un texte personnel. A croire que cette exercice, cet exutoire, me permet de vivre mieux. J’ai à nouveau déménagé, troisième appart pour ma cinquième année sur Metz. Remballer, déballer, un travail de manut’ à ajouter sur mon CV. Cela fait un mois que je cherche du boulot et, de rejet en rejet, j’apprends à nouveau l’échec. Cette idée est, sans aucune hésitation, une des valeurs à la française prônées par le nain nerveux qui vend des armes pour libérer les otages. Je ne veux surtout pas donner un numéro de portable à ce qui pourrait devenir un patron ou un supérieur hiérarchique. Je reste donc chez moi à attendre que le téléphone sonne. Je fais de la zik toute la journée. J’ai d’ailleurs déjà enregistré les morceaux du prochain The Dead Musician (hormis le chant) et j’ai composé la démo 6 d’Emmos (la démo 5 est seulement en attente d’être masterisée pour sortir en CD à l’automne), des remixes de Nine Inch Nails, un nouveau JeFF et me voilà toujours productif et surtout contraint de m’occuper.

Les jours défilent, mes envois de candidatures ne donnent rien… Nous arrivons doucement au mois d’août et toujours rien. Je n’ai pas vu passer ce mois de juillet. Moi qui me sentais enfin libéré après avoir fini mon stage et obtenu ma licence de branleur, je ne peux que constater qu’une certaine angoisse me guette. Le passage d’un F3 en colloc’ à un studio n’aide en rien. Je n’ai que mon chat à qui parler et le facteur à saluer lorsqu’il m’apporte un paquet. C’est peut-être pour ça que je ressens le besoin d’écrire. Cela m’impose de structurer mes pensées et de faire comme si je te parlais en tête à tête. Une recherche de l’intime… Sûrement.

Je me décide donc à sortir de mon bunker du troisième étage pour me rendre au bar. J’attends seul au comptoir. Je vide des bières. J’attends toujours seul. J’attends quoi ? J’attends qui ? Des potes de Thionville viennent me voir… Ha non… Ils viennent « à la chasse » car ils se sont fait larguer. Dommage pour moi, je croyais avoir des amis. Ils ne resteront pas longtemps d’ailleurs…

J’attends à nouveau, éperdument seul. Mais hors de question de laisser ma bière seule, en revanche. J’ai presque passé quatre jours entiers dans le même bar. Quatre jours fantomatiques. Quatre jours de routine alcoolisée. Quatre jours à provoquer les rencontres. Quatre jours à jouer à celui que je ne suis pas. Quatre jours de décadentes situations, à vouloir attraper l’irrationnel.

Un regard au loin et voilà que mon esprit s’enivre et que mon regard se trouble. Elle ressemble à Audrey Tautou, avec ce petit air naïf et hésitant. Nos regards se croisent et se recroisent. Ils en arrivent même à s’entrecroiser. J’écoute au loin lorsqu’on lui parle. J’apprends son prénom. Nos regards se cherchent, se mêlent, insistent. Peut-être que c’est moi qui le cherche au fond. Entourée de beaux mâles dragueurs, souriante, elle ne s’est jamais approchée. Je savais très bien qu’il en serait de la sorte… Et alors ? Un prétexte de plus pour recommander un verre. Il est l’heure de rentrer… De toute façon le bar ferme alors…

Qui va m’appeler aujourd’hui ? Je ne le saurais jamais car je me devais d’assurer mon emploi de pilier de bistrot. Me voilà en place, présent au poste. Il faisait vraiment trop chaud dans mon appart… Tu parles d’une excuse. Je n’ai pas vraiment vu le temps passer et voilà qu’en fin de soirée Sam, tout juste rentré de Montréal, fait une escale messine. Ça fait bien plaisir de le revoir et de discuter avec lui de son séjour. Mais le bar ferme déjà, il est l’heure de rentrer.

Oh oui, il y a des échanges et des rencontres à faire dans un bar... Surtout une rencontre en fait. Un couple de Hollandais, avec qui personne ne voulait vraiment parler à cause de la langue, est arrivé à côté de moi, assis au comptoir dont j’étais devenu un des principaux piliers. Ils étaient photographes et venaient de finir leurs études. Il écoutait de la house, de la techno, de l’électro et des petits groupes inconnus des 80’s… Kraftwerk et Depeche mode notamment. Elle était fan de Prince et a appris à danser le flamenco pendant un an. D’ailleurs, au fil des bières, elle me répéta trente-six fois qu’il existait plus de cinquante flamencos différents. Il adorait pêcher, surtout les pauvres petits poissons de la Moz’Hell, car ils ont un petit estomac et beaucoup de chaire. Ils étaient arrivés en stop de Breda et squattaient quelques jours au camping de Metz avant d’aller à Chambley voir les ballons. Il rêve de partir au Sri Lanka pour apporter son regard personnel via la pellicule. Elle veut faire des expositions de photo artistiques. Une rencontre sympathique qui me permis de parler un peu de tout et de rien. Une rencontre sympathique avec Ruben et la merveilleuse et si jolie Rose.

Vu l’état dans lequel j’ai fini la veille, il était hors de question que je retourne au bar le lendemain. La nuit est tombée et voilà des potes qui m’appellent pour y bouger… Encore… Fais chier ! Allez ce coup-ci, je pars avant la fermeture. Y’a de l’amélioration.

Samedi soir… Comment peut-on rester un samedi soir chez soi ? Et un samedi aprem’ ? Un petit tour au Leader Price pour acheter un paquet de pâtes, un concombre et du fromage. Eh oui, c’est seulement après trois jours passé dans un bar que je pense à regarder où en est mon compte… Pas terrible du tout. Mais bon, je ne vais pas commencer à me prendre la tête pour du fric à la con, hop, je fonce au bar. Rencontre de merde avec deux jolies et très (trop ?) jeunes filles. Putain de plan auquel je n’ai même plus envie de penser et dont je ne parlerai même pas tellement le niveau est bas. Fachos de merde… Heureusement je m’en défais et retrouve des copines aux idées en adéquation avec les miennes. Et là, le sosie de Vanessa Demouy (elle a quand même inspiré les créateurs du jeu Tomb Raider merde !), mais surtout, à ses côtés, un ange démoniaque qui puait le démon à plein nez. Des yeux merveilleux que mon regard aura vite fait de captiver, des lèvres sensuelles et des vêtements qui ne pouvaient qu’attirer le fétichiste que je suis. Un jeu de regards débute (à croire que je ne suis doué que pour ça), mais à la différence d’Audrey Tautou, elle arrive à surprendre le mien lorsque je détourne les yeux. J’aurais presque espéré plus de nos flirts oculaires si des mecs ne s’étaient pas incrustés à sa table, suivis du patron du bar en personne. En un instant, une table où se trouvaient une ravissante fille et un ange démoniaque s’est transformée en un épisode du Miel et les abeilles (tu te souviens de ce truc débile ? T’es peut-être trop vieux… Ou moi trop jeune). Pourquoi ai-je, l’espace d’un instant, attendu quelque chose d’une « rencontre » (d’un regard plutôt) dans un bar ? Je ne sais toujours pas. Il va être l’heure de rentrer, mais je ne le veux pas. Je suis donc mes amies dans un des bars qui ferment le plus tard à Metz. Quelle erreur ! Qu’est-ce que je me suis fait chier ! J’ose à peine dire que j’ai fini au Day Off. En résumé, ambiance boite (en même temps je n’ai jamais mis les pieds en boîte, donc je suppose) avec l’alcool plus cher qu’au troquet du coin et surtout une masse de relous. Tu vois le genre gros beauf trentenaire en chemise avec une veste Adidas dessus ? Le mec qui danse comme un tuteur de plan de tomates avec un verre à la main et un sourire débile à chaque fois qu’il regarde une fille. Bref, j’ai quand même tenu deux heures dans ce truc pourri car un pote m’offrait généreusement des bières à 3,50€.

Une fois de plus bien enivré, ma chatte me fait un accueil de folie. Un quart d’heure de miaulement pour m’engueuler et me dire que je suis parti trop longtemps. On pourra dire ce qu’on veut, mais lorsqu’on est très proche d’un animal, il y a des putains de liens qui se tissent. C’est le genre de liens dont peut se rapprocher ce qu’on appelle « amour » pour des êtres humains. Bizarrement, Nemesis compte plus qu’un humain pour moi et mon rapport à ce chat est sans nul doute ce qui m’a évité une rupture encore plus difficile qu’elle ne l’a été.

Un vrai dimanche comme il se doit. La glande au point de ne pas se faire à manger. Un pain frite sur le chemin vers l’Elixir, ça ira très bien. L’avant-dernier concert de ce bar avant le changement de proprio. Encore une place forte de la scène messine qui ferme (et qui va devenir un bar à poker si j’ai bien pigé, pfff…). Un Dr Geo qui me fout limite la larme à l’œil pendant le soundcheck. La fatigue et la mélancolie m’assomment. Heureusement, les potes arrivent. Ça fait un mois que je ne les avais pas vu et ça fait vraiment du bien (merci à vous !). Un petit concert revival d’All It Feels 101 et voilà que ça me refout sept ans en arrière, lorsque les gens qui sont là ce soir n’étaient que de vagues connaissances et lorsque la Fensch Valley avait encore quelques petits festivals comme on n’en fait plus. Il y a pourtant une constance, une impression de médiocre stagnation. Les gens sont les mêmes et ma situation est la même qu’à l’époque. C’est incroyable. Putain de merde, c’est vraiment étrange. Mais l’évolution est là, en y repensant. Les relations ont changé, ma vision de la vie aussi. Encore quelques bières et ça ira mieux.

Une heure déjà que clignote devant moi le curseur. Le chat dort tout en me regardant d’un œil (histoire de dire qu’il faut que je dorme en même temps que lui et non pas quand il va se mettre à jouer avec sa boule de papier en galopant dans tout l’appart). Demain, ou plutôt tout à l’heure, je resterais raisonnable, de toute façon je suis bientôt dans le rouge donc je n’ai plus trop de quoi sortir. Je pense que j’ai enfin eu le déclic qui me fait dire que je suis mieux chez moi que dans un bar. Mardi, il faudra quand même aller boire une bière à l’Elixir pour aider à vider les derniers fûts… Mais surtout pour voir des ami-e-s.


Dimanche 12 août – 22h43
Elle était à nouveau là hier soir. Ange démoniaque qui me sourit. Un verre pour qu’elle me piste… Avec l’aide de la serveuse elle m’a trouvé. Elle me demande mon nom et me dit le sien. Je l’avais découvert entre temps. Un simple « merci pour le verre » clôturera notre bref échange de mots. Elle me regarde depuis le bar, elle me sourit et à nouveau je commence à y croire. Mais une horde de trentenaires bourrés lui payeront ses verres et, à nouveau, je suis aussitôt le fantôme de ce bar. J’y ai cru jusqu’à la fermeture, lorsqu’il fallait sortir des murs. Un bref échange, une salutation, une bise. Un geste forcé pour me remercier ? Sûrement. En tout cas c’est ce que je me dis pour arrêter de m’enfoncer dans cette mélasse. Un ange démoniaque de 18 ans, souriante et trop jolie. Un démon qui me dévore alors pourquoi m’obstiner à lutter… Je laisse faire.


Dimanche 19 août – 13h53
J’aurais dû appeler ça l’histoire sans fin. Hop, soirée avec des potes. Hop, direction le bar habituel. Moitié de soirée, voilà miss démoniaque qui arrive. Le patron étant en vacances, ça fait déjà un concurrent en moins (si concurrent il est). Et puis, entamé comme je suis, c’est le soir où jamais. Après que le sosie d’Audrey Tautou et de jolies inconnues s’arrêtent à notre table pour nous offrir des verres, voilà mon fantasme qui vient à la table. Mini-robe, bottes, fétichisme quoi. Après de longues minutes d’hésitation, je glisse ma main sur sa cuisse puis elle fait de même. Alchimie. On s’embrasse, se caresse, se mord violemment le cou jusqu’à la fermeture du bar. Puis on finit la nuit chez un pote, on s’éclipse dans la cuisine pour des échanges plus avancés… Les autres sont dans la pièce juste à côté, on n’ose pas trop partir dans quelque chose de trop personnel. On rejoint les potes, certains partent, on picole encore. Huit heures du mat, on nous ramène au centre-ville. Je suis vraiment content de ma nuit, de ces échanges, de ces regards, de cette passion dévorante. Dans la voiture je l’embrasse encore mais là je sens qu’il manque l’alchimie, je sens un truc différent… Peut-être une intuition à la con. Mais non : en sortant de la caisse, elle me fait la bise et me dit à bientôt. Je rentre chez moi, un peu sur les nerfs, car je savais que ça se passerait comme ça. Je savais que c’était ce genre de fille. Un dernier sms pour connaître sa position. Ouep, ben je suis comme un con. Je le savais, putain. Une fois de plus je me fais avoir par mes désirs et mes ébullitions masculines. Ras le bol. C’était vraiment bien, ce n’est pas si grave… Si je ne m’attachais pas aussi vite… Idiot va. J’espère encore… Parce que je reste sous le charme de la démone…


Mercredi 22 août – 17h52
Eh oui, je ne baisse jamais les bras. Mon caractère me pousse à espérer, non pas à attendre, mais à provoquer le destin. Il est clair que je ne pense plus qu’à elle… J’anticipe aussi : si une relation se construisait le jour où je devrais choisir entre une fille et mon départ au Canada… Depuis le temps que c’est programmé… Ce sera le Canada… Encore mieux si elle me suit… Voilà donc où j’en suis. Toujours pas de boulot, mais je cherche sans lâcher le morceau (qui l’eût cru ?!) et toujours pas de nouvelles de cette démone charnelle… Il faudrait au moins que je la recroise pour discuter et apaiser mon esprit obsédé. Peut-être ce soir… Qui sait ? En tout cas, je suis rassuré d’un côté… J’ai appris que c’était une fille bien et qui n’est pas du genre à brancher tous les mecs qui passent… Moue… J’ai pas de nouvelles.

Jeudi 23 août – 11h30
Ca a payé. Alors qu’elle ne donnait pas signe de vie et après avoir squatté tous les soirs au bar en espérant la croiser, voilà que la démone entre. Une simple biz et elle va s’asseoir avec un pote à elle. Elle ne reste pas longtemps. Même pas une petite discussion avec moi. Allez oublions la sensibilité et picolons. J’ai encore bu toute la nuit. Mais je suis satisfait quand même car on a discuté toute la nuit par sms. Ça paye d’être insistant et sûr de soi. Enfin, en même temps quand on me sort qu’on doute de ma sincérité, moi qui aie temps de mal à parler de ce que je ressens, ben ça me donne juste envie de boire encore plus. Le dialogue et lancé, au moins elle recommence à répondre et arrête de m’ignorer en croyant que je voulais juste une aventure. En effet, c’est ce qu’elle croyait… Et maintenant qu’elle sait ce que je veux, elle pond de l’abstrait : « je suis perdu », « je ne me sens pas capable »… Pas assez de confiance en elle la petite démone… Pas grave, j’en ai pour deux et je suis encore plus motivé qu’avant à forcer notre rapprochement et à retrouver cette complicité. Tiens, je remarque que depuis dimanche j’écris plus régulièrement… Les choses s’accélèrent-elles ? En tout cas, à ce rythme, j’suis pas loin de la cirrhose ou de la pancréatite.


Vendredi 24 août – 11h35
J’avais rendez-vous avec un pote au bar, comme d’hab. J’ai encore croisé la Miss Démoniaque. Quand le mec avec qui elle était est parti, elle est venu au bar… Une chaise vide entre elle et moi. Elle discute avec le serveur, pas un mot pour moi. Puis elle part. Encore du sms (ça va me coûter cher ces conneries) et de nouvelles réponses genre je suis la plus belle nana du monde : « c’est pas volontaire que je te séduise », « ne t’accroche pas à moi, ne souffre pas pour rien, ça n’en vaut pas la peine »… En résumé, un dialogue d’allumeuse qui se dédouane comme elle peut pare qu’elle culpabilise. Plus rien à foutre, je deviens très mauvais, qu’elle aille allumer qui elle veut, je ne ferais pas parti des boulets qui la suivent et la courtisent H24. Les sentiments humains, c’est de la grosse merde alors je me prépare pour une énorme chouille chez un ancien pote de fac qui habite Verdun. Alcool, filles, camping. Je vais encore me mettre minable. Yeah !


Dimanche 26 août – 10h25
Ouf. Ma raison a réussi à me sortir de ce merdier. J’étais au bar avec un pote hier soir et voilà que la démone et une de ses amies entrent. Alors qu’elles allaient s’installer à l’autre bout du bar, je les invite à la table. Tentative de caresses, regards et même discussion (elle aura réussi à me faire parler de ce que je ressens, devant d’autres gens en plus… Jusqu’où ça va ?!). Tout ça pour me dire que sa position ne changera pas et que je ne dois plus m’accrocher. J’étais déjà bien détruit quand elle m’a dit ça… Heureusement, deux potes et l’ex-patron m’ont bien aidé par de multiples échanges. Je décide donc de ne plus fréquenter ce bar (de toute façon l’ambiance n’est plus la même avec le nouveau boss) et je vais lui faire une dernière bise en lançant un « Adieu, à jamais ». À peine rentré chez moi, je reçois un sms. Ha ha, démone collectionneuse de mecs, on se croirait dans Le Miel et les abeilles, vraiment. Là je l’appelle direct et je l’ai séchée. Pour moi c’était clair que si quelque chose devait avoir lieu c’était ce soir, sinon j’oublierais tout ça en gardant de bons souvenirs du week-end dernier. Bref, même son « C’est une réaction de bébé » ne m’énerva pas, je me protège et me sauve de ce merdier. J’écris car en me levant ce matin, je sens vraiment comme un poids en moins. Je n’irais déjà plus passer toutes mes soirées au bar en espérant la croiser. Un énorme pas.

Voilà la fin de ma secret story. J’ai commencé à l’écrire sans avoir aucune idée de la fin. Plutôt pourrie ma vie… Mais au moins c’est la mienne et j’en fais ce que je veux


Lundi 3 septembre – 11h15
Toujours pas fini ce bordel ? Non, car cette relation n’était pas arrivée à son apogée. Vendredi soir, l’ange démoniaque est au bar avec moi. Enfin, elle passe de table en table et est très câline avec ses potes. Encore plus avec moi… Je résiste, mais je m’emballe si vite… Les autres gars me regardent du coin de l’œil. Alors que le bar va fermer, elle me demande avec son joli sourire et son regard fatal de la suivre au Day Off… Il n’en sera rien. La moitié des mecs du bar attend qu’elle parte pour la suivre… Ambiance très malsaine… Elle dérape en me faisant la bise et me glisse un « À demain »… Je commence à avoir beaucoup de pensées négatives à son égard au vue de la soirée. Je rentre plutôt blasé.
Le lendemain, je me pointe au bar avec un pote pour la voir. Soirée calme comparée à la veille. Mes câlins sont repoussés… Pourtant, hier, c’est elle qui m’en faisait… Je ne comprends vraiment plus rien… Toute la table se fait chier, alors je propose de finir chez moi… Les filles ne veulent pas, je me rentre donc à minuit avec un pote… Pour un samedi soir, ça fait tôt…
Dimanche, je me lève déprimé. L’impression d’être un pantin et de me faire bien manipuler. La démone m’avait demandé qu’on se cale sur le net… On débute donc une très longue discussion virtuelle. Au fil des mots, je la découvre sous un nouveau jour. Après tout, faire des câlins à plein de gens différents ce n’est pas grave, le plus grave c’est que les gens en question imaginent n’importe quoi et racontent beaucoup de mauvaises choses. Elle est donc consciente d’avoir une certaine réputation dans ce bar. Mais plus je parle avec elle et plus je me dis qu’elle est vraiment comme moi… Et elle commence à le reconnaître aussi… Un de mes potes a des affinités avec sa meilleure copine… Allez hop, nouvelle tentative d’invitation de tout le monde chez moi… Acceptée. Je fonce à la première station essence ouverte pour faire le plein de bières et j’attends chez moi, impatient. Ils arriveront sur le coup de 20h30. Je savais que cette soirée serait spéciale au vue des derniers jours et de nos échanges sur le net. Les deux autres se câlinent et se posent sur le lit. Tout le canap’ pour nous… Pour faire du catch. Ça griffe, ça mord, ça étrangle, ça bloque façon lutte greco-romaine, ça fatigue. On est vraiment deux pauvres sado-maso avec exactement les mêmes trips. Au bout d’au moins deux heures de luttes acharnée alternées avec des câlins et caresses, le jeu dérape petit à petit. On se caresse, rapproche nos lèvres, on se regarde et surtout on dit « Ne craques pas, sinon t’as perdu ». Les minutes seront très longues… À résister. Chacun son tour on a craqué, un baiser inconscient que l’on plaçait comme si de rien n’était, mais surtout sans s’en rendre compte tout de suite. On délire bien, l’alchimie et la complicité sont totales. Changeons les règles. Le premier qui embrasse goulûment l’autre a perdu. A partir de là s’en était fini.

Câlins, caresses, baisers, regards et plus. On se disait bien de temps en temps : « C’est mauvais et dangereux », mais bon, profitons. Demain on se fera la bise et on sera de très bons amis. Notre jeu n’en était plus un, on n’osait simplement pas s’embrasser bestialement. Pourtant ça ne semblait que minime au vue de tout ce qui se passait sous la couverture. Après un « Match nul, on ne joue plus, ok ? » lancé dans la bonne humeur et le délire total, après que mon corps transpirant ait marqué le moindre de ses coups de dents et d’ongles, nos ébats ont pris une tournure unique, magique et mystique. Déjà 4h du mat’… Le temps passe trop vite lorsqu’on est bien avec quelqu’un. On avait complètement zappé les deux autres qui ne nous parlaient que pour dire « Y’a plus de musique ». Quelle soirée. J’ai un pauvre sourire bloqué. On se regarde encore et au fond de moi je sais que dans quelques heures ça va être très dur. Comment se faire la bise après tout ça… J’essaye de discuter. « Tu as dit quoi tout à l’heure encore ? »… « Non, on a dit »… « Ha oui, on… ». J’étais tellement bien ce soir, je voulais que ça dur toujours. Je n’avais pas été dans cet état depuis bien longtemps. Elle s’endort pendant que je la câline et la caresse tendrement. La douceur après la sauvagerie. La déprime après l’extase ? Il ne faut pas. Cette soirée et cette nuit ont été parfaites. Elle se réveille à 6h30, j’ai à peine dormi je profitais des derniers instants à ses côtés. L’heure de la bise arrive… C’est dur quand même… Que vais-je espérer maintenant ? Elle part bientôt à Strasbourg et n’est même pas sûre de rentrer tous les week-ends… Comme elle dit « On s’est rencontré à une mauvaise période ». C’est un JeFF au féminin, la réplique parfaite, le même esprit… Je l’adore.

Lundi 3 septembre – 15h 30
C’est vraiment très dur. Sensibilité, quand tu nous tiens… Je connaissais les conséquences… Je les assume bien que ce soit dur à gérer, surtout en écoutant Somebody de Depeche mode. La voix de Martin Gore et surtout le texte me font chialer. C’est trop dur à gérer.


Mardi 4 septembre – 23h15
Je ne peux attendre. Elle est repassée chez moi et vient tout juste de partir. Elle est arrivée vers 15h15 et j’ai encore eu la chance de vivre des moments de complicité unique. On a discuté en délirant et on a fini par faire du catch sur le lit. On devait aller prendre l’apéro à l’Irish. Finalement de délire en délire il était déjà 20h00 et on avait déjà bu quelques Picons. Je me retrouve donc à faire à manger pour deux (fait longtemps que ça ne m’était plus arrivé). L’impression de retrouver une vie de couple comme si on était ensemble depuis très longtemps. Tous nos délires s’enchaînent, notre caractère se traduit dans nos échanges.

On forme quelque chose d’unique. Deux personnes exactement identiques, au sexe près. Je suis comblé. On mate un DVD, elle est couchée sur le canap’, tête sur mon épaule, puis sur ma cuisse. Je la câline tendrement. Ma chatte a bien compris qu’il se passait quelque chose puisqu’elle est venus sur le canap’ et a jeté des regards sur ma main et droit dans mes yeux. Ma chatte était jalouse ! D’ailleurs en ce moment elle est planquée derrière le canap’, carrément ! Mon ange démoniaque (je n’aime plus l’appeler comme ça depuis plusieurs paragraphes mais je ne veux pas la nommer) doit s’en aller. Séances d’énormes câlins. Elle part à Paris de jeudi à mardi et je ne le verrais donc pas avant au moins une semaine. Je suis comblé, heureux et pourtant l’appart’ me semble déjà si vide sans elle…


Amour, je ne voulais plus te connaître
Amitié, je ne t’ai jamais connu
Sentiments humains, vous me faites chier